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Si l'opinion émise par Joseph Reymondeulaz père et fils en 1933 situant
le château de Chamoson au sommet du cône des Lumeyres et des vignes au
pied de la paroi de rochers dénommée le Sex de Gru, à l'est du ravin de
la Siseranche, l'abbé Tamini rapporte en 1935 que ce site cité sous le
nom de Chavey dans une forte pente et dans les rochers ne paraît pas utilisable
pour un vrai château comme celui de Chamoson.
Cette dénomination de Chavey en patois Zarvaz vient de calvus chauve.
C'est pourquoi selon Blondel, la position du château est le promontoire
très accusé situé au Nord de Chamoson, à 950 m' de l'église au-devant
du hameau de Neimia ou Neimio.
Diverses considérations viennent appuyer la détermination de cet emplacement
comme lieu du château.
- Le seul passage praticable par le col de la Routia pour se rendre
au château de Crest sur Ardon, les destinées des deux châteaux sont
étroitement liées du point de vue politique et militaire.
- Avant la destruction du château, le lieu d'habitation du major de
Chamoson était le Château puis ce fut le hameau de La Tour entre Grugnay
et Chamoson qui fut le lieu de domicile des majors.
- Un acte de l250 environ concerne les revenus du chapitre pour une
terre en vigne près du Merdeizon au pied du château, le torrent de Merdeizon
aujourd'hui le Tsené contournait le promontoire de Crettaz-Zarvaz.
- En 1261, Pierre de Mar châtelain résidait au Crest mais avait aussi
l'administration de Chamoson. Guillaume de Monthey doit payer un gage
pour ces biens et droits à Chamoson. Ces gages concerne dix poses valaisannes,
la pose étant de 2280 m2, ce qui représente la surface de 22'800 m2
soit la surface du plateau de Chavey jusqu'au premières maisons de Neimia.
Le hameau de Neimia peut désigner lieu avec beaucoup de noyers comme
Neyruz Noréaz . Selon la description de l'éboulement de 1906 cité ci-dessous,
toute la partie du Nord Ouest de Neimia était recouverte de nombreux et
beaux noyers. La toponymie pourrait aussi être " nez du milieu ".

Eboulement de 1906
Le 15 janvier 1906, une masse imposante de terre et d'eau sise entre
la colline des Reveires et les prés à l'ouest du hameau de Neimia, s'est
mise en mouvement. C'est sans aucun bruit que cette masse de terre s'est
mise à descendre lentement pendant plus d'une semaine.
D'une largeur de 300 m environ et sur une longueur de 250 m la masse
a glissé environ 300 m plus en aval. Le lundi matin 15 janvier,
les habitants de Neimia s'aperçurent du glissement aux énormes noyers
et autres arbres qui allaient à la dérive.
Du mardi 16 janvier au mercredi 17 janvier, la forêt de Soutz située entre
la forêt du Ronteux et la Dzeu du Pédjeu, s'est mise en mouvement.
Le 18 janvier, lentement elle descendait et le 22 janvier elle était située
200 m plus bas. Puis la masse dévala plus rapidement. Selon des mesures
effectuées sur place, le samedi 20 janvier, la zone glissante se déplaçait
à une vitesse de 0m 60 pour 15 minutes soit 2m'50 par heure. Grâce au
palier du Proz du Tzane, la masse s'arrêta progressivement.
Du 22 au 28 janvier, de nouvelles masses se sont mises en mouvement. Sous
le poids de celles-ci, la première coulée vint obstruer le torrent de
St André, en s'écrasant contre le coteau rocheux des Revers. Sous la résistance
de ce terrain rocheux, la masse dévia vers le Sud Est dans la direction
de Neimia. Les vergers de noyers, les jardins les prairies sont sur une
largeur de 100 à 150 m entièrement crevassés et semblent se gonfler sous
la pression. Un important monticule se créa en aval de l'étang actuel,
jusqu'au pré de Fernand Crittin.
Du 28 janvier au 12 février, il ne s'est plus produit de mouvement bien
perceptible dans la grande masse des terrains glissés.
Dès le 12 février, les craintes diminuèrent de la part de la population,
à l'exception des habitants du Grugnay qui craignaient des inondations
par les eaux qui s'accumulaient dans le torrent de St-André, dont le débit
était de plus de 300 litres minute formant de gros étangs en amont du
Proz du Tzane. La masse de terre déplacée a été selon les mesures effectuées
sur place plus tard de 750'000 m3.

Drame du Haut de Cry .
GUEX Jules Charles François, né le 7 décembre 1879 à Lausanne instituteur
de la première classe des garçons à Aigle où il est domicilié,
MULLER Théophile né à Mogelsberg (St Gall ) le 12 juin 1882, commis
à la Zima société de bactériologie industrielle à Aigle où il est domicilié,
JOUVENAT-RUCHET Charles né à Ollon le 19 novembre 1874, chef de cultures
de la fabrique de conserves de Saxon où il est domicilié,
se réunissent à 23 heures ce samedi 7 novembre 1908, et se mettent en
route pour gravir le Haut de Cry par la façade sud-Ouest. A quatre heures
dimanche matin ils ont été vus pour la dernière fois traversant le hameau
de Neimia. Le lundi matin, M. Fama directeur de la fabrique de conserves
de Saxon donne l'alerte et avec le concours de montagnards expérimentés,
ils organisent des recherches dans la montagne. Ces recherches durèrent
toute la semaine. C'est le dimanche suivant, l'après midi que la colonne
de secours aperçut accroché à un rocher le corps de Müller puis 150 mètres
plus bas ceux de Guex et de Jouvenat.
Il est probable que la cordée, ayant franchi le passage de la Jacqueline,
au Nord de la Tête de Versan, avec en tête Müller comme premier de cordée,
que celui-ci à dû glisser et entraîner ses compagnons dans sa chute, dans
le couloir à pic.
(Patrie Suisse du 25 11.1908)
En 1974, soit 66 ans après sur la pieuse initiative des descendants de
l'un des alpinistes tués, en hommage, au trois accidentés, un In Memoriam
fut erigé sous la forme d'une croix de bois portant les noms des
trois victimes. Une cordée de Chamoson, Biollaz Jules , Maye Albert, Burrin
Marcel, furent chargés de cette mission. La ''cordée du souvenir'' emprunta
exactement le même tracé que la cordée de 1908.
Fernand Crittin
Chamoson
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