Les laves torrentielles à Chamoson

Dans les vallées alpines, de nombreux sites historiques ont été bâtis sur des cônes de déjection de laves torrentielles. La population était ainsi hors de portée des inondations affectant le fond des vallées. Elle s’installait généralement à distance du lit des torrents et des rivières de montagne, de manière à être également à l’abri des laves torrentielles.

Le cône de déjection

Les cônes de déjection sont des amas de débris transportés par les torrents au débouché d’une vallée ou en contre-bas d’un versant ; ils ont une forme le plus souvent triangulaire.
Le remarquable cône de la Losentze, porte la très grande majorité du vignoble chamosard ainsi qu’une bonne partie des vignes de Leytron et Ardon. Edifié par l’accumulation progressive des matériaux charriés par les torrents, il s’étale de Grugnay jusqu’au abords du Rhône, qu’il à repoussé contre la rive gauche.

Chamoson est installée sur un remarquable cône de déjection et a connu de nombreux épisodes de laves torrentielles. Cette particularité géographique a modelé le paysage et conduit à de nombreux aménagements afin de canaliser ces crues dévastatrices.

Les laves torrentielles

Une lave torrentielle est un mélange d’eau et de matériaux solides (sable, gravier, pierres, blocs, bois) à l’allure de bouillie qui comprend une proportion élevée de matériaux solides (30 à 60 %) et s’écoule souvent à grande vitesse.

On considère généralement que les laves présentent la structure suivante :

  • Un front (ou bourrelet frontal) constitué des plus gros blocs mais également de « corps étrangers » tels que des arbres, des morceaux d’ouvrages. La section du front est très importante. Le front est poussé par le corps de la coulée.
  • Un corps d’aspect généralement boueux. Cette partie de la bouffée constitue le moteur et l’essentiel du volume.
  • De bourrelets latéraux en parallèle du corps de la lave d’aspect relativement similaire à celui du front. Ils sont constitués pour partie d’éléments du front.
  • Une queue de coulée caractérisée par un passage progressif vers un écoulement moins concentré (charriage hyper-concentré). La section d’écoulement est nettement
    réduite.

La formation d’une lave torrentielle

L’événement déclenchant peut être une chute de pluie longue ou forte, une chute de grêle ou une fonte rapide de la neige. La lave torrentielle survient suite à la liquéfaction de matériaux meubles ou à l’obstruction du lit du cours d’eau. Cette masse imprégnée d’eau se déplace très rapidement (40 à 60 km/h), généralement en plusieurs coulées, dans le lit du cours d’eau ou dans des ravines sillonnant les pentes.
Une lave torrentielle se produit en haute montagne et dans les Préalpes, dans les zones où un sous-sol géologique sensible à l’érosion (flysch, schistes lustrés etc.) fournit des matériaux meubles. Le déclenchement d’une lave torrentielle requiert en outre de l’eau et une pente suffisamment raide (au moins 25 à 30 %).
L’épandage d’alluvions est un dépôt de lave torrentielle hors du lit d’un cours d’eau. Il comprend souvent des composants très grossiers. Pris dans un sens large, il englobe aussi d’autres dépôts torrentiels dus à des processus fluviatiles.

Une lave torrentielle a une capacité d’érosion considérable. Elle est capable de charrier de grandes masses de matériaux (blocs de plusieurs mètres cubes, troncs d’arbres, voitures, etc.). Elle forme des levées sur les bords de sa trajectoire. Lorsque le frottement du sol devient trop fort, la masse en mouvement s’arrête brusquement en produisant un cône de déjection, avec ses dépôts de matériaux non triés typiques des épandages d’alluvions, ses dépôts frontaux et ses lobes

Sources :

  • Confédération Suisse – Plateforme nationale “dangers naturels”
  • Office National des Forêts – Service RTM 38 (2010) – Le torrent du Manival, 150 ans de lutte contre les risques naturels
  • Sigales – Etude des terroirs valaisans