Village de St-Pierre

Le village de Saint-Pierre-des-Clages, est situé au Sud du village de Chamoson sur le cône d'alluvions de la Lozentze, affluent du Rhône , qui descend de la chaîne du Haut de Cry.

Ce village de la Commune de Chamoson, comptait en 1872, 209 habitants. Il comptait 650 en 1966. Le village de Saint-Pierre-des-Clages à été réuni à la Commune de Chamoson en 1376.

Si l’église a été bâtie dans le courant du XI et du XIIe siècle, le développement de ce village vient plus tard. L’histoire primitive du village est très mal connue. On cite bien ça et là des trouvailles de monnaies romaines ou d’autres objets anciens. On sait aussi que l’église est bâtie sur des murs antérieurs, liés d’ailleurs à des tombes anciennes, mais on n’en connaît ni la destination, ni la date. Ce n’est qu’avec la construction de l’église et du prieuré que commence l’histoire documentée du site.

L’établissement du prieuré bénédictin a dû favoriser assez tôt le développement d’une communauté villageoise qui obtient même la permission de tenir des foires périodiques. Mais un sévère coup de frein est certainement donné lorsque Philippe, Comte de Savoie, envisage de transférer des foires au bourg voisin de Saillon, en 1271. Malgré cela, Saint-Pierre-de-Clages demeure une étape importante sur la route entre Martigny et Sion, ainsi qu’en témoignent plusieurs auberges, dont l’activité ne se réduira qu’avec l’arrivée du chemin de fer, au milieu du XIXe siècle. Une dizaine de maisons, avec dépendances rurales, formaient ce village médiéval, qui s’agrandira notablement qu’à partir du XIXe siècle.

Le développement florissant du commerce entre les pays voisins, et le transport des marchandises, entre le Nord et le Sud, fait du Valais, avec ses nombreuses ouvertures vers le sud et ses cols, un passage important. Saint-Pierre-des-Clages, situé géographiquement entre le Grand Saint Bernard anciennement le Mont Joux, et le col du Simplon devient vite un lieu de relais. Les anciennes bâtisses en bois sont remplacées par des maisons en matériaux durs, en pierres. L’architecture est influencée par l’Italie. De nombreux artisans venant du Piémont y ont laissé leurs signatures. Des inscriptions tant sur les façades que sur les poutres des maisons prouvent ce développement du commerce. Ex. ”Jean Diot Marchand de Sion 1535”. Les encadrements des fenêtres et des portes ont des moulures encore gothique tardif. Par contre, on construit des loggias, des arcades des voûtes d’arêtes dans le style de la Renaissance.

En 1971, une étude de 10 maisons a été effectuée par l’Université de Fribourg sous la responsabilité de Marie Claire Favre avec comme collaborateurs, Georg Carlen, Beat Wandeler, Bernard Wyder. L’inventaire se porte en général sur des maisons ayant pignon sur rue et adossées à une grange à l’arrière.

Le Rectorat, situé au départ de la route de Chamoson sur le côté droit, est une maison en pierres datant la première partie vers 1500, puis une première rénovation avec agrandissement vers 1553, et un nouvel agrandissement vers 1661. En 1998 la famille Jacques et Josy Pont ont cédé cette bâtisse à une fondation ce qui à permit une magnifique rénovation de l’ensemble de l’immeuble.

L’église, érigée selon une légende, sur le lieu où Saint Florentin, second Evêque d’Octodure, et son diacre Hilaire souffrirent le martyre, vers l’an 407, assassinés par des vandales hérétiques, peuple de barbares qui inondaient l’Europe et qui ne manquèrent pas de réduire le Valais en un désert, par le feu et le sang. (Il s’agit bien ici selon les historiens d’une légende ou plutôt d’une confusion éclaircie d’une façon définitive par les spécialistes de l’histoire. (cf. Jean Gremaud catalogue des évêques de Sion).

Ce monument est l’un des plus intéressants spécimens des formes, que l’art carolingien affecta dans la Suisse méridionale. D’un pur style roman, l’église est construite en pierres naturelles. Citée pour la première fois en 1153 dans une bulle du Pape Eugène II, elle est cependant antérieure de plus d’un siècle à ce document. Les fouilles et travaux du dernier chantier de restauration (1963-1967) permettent à M. l’abbé François Olivier Dubuis archéologue cantonal, d’affirmer que la construction forme un tout homogène de la première moitié du XIe s. à l’exception des deux étages en briques et en tuf de la tour octogonale, qui sont un peu plus tardifs.

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