Chamoson à travers les âges

La région de Chamoson a été peuplée dès les temps préhistoriques, son histoire se confond avec celle du Valais.

Occupé dès la préhistoire, une civilisation se développe en Valais à l’Âge du bronze. Dès le IVe siècle av. J.-C., des celtes occupent le territoire. Il est incorporé  dans l’Empire romain par Auguste. Le Valais gallo-romain, situé sur l’importante route du Grand-Saint-Bernard est prospère.
À la chute de l’Empire, la région devient burgonde avant d’être intégrée dans le royaume franc-carolingien. À sa disparition, elle fait partie du royaume de Bourgogne-transjurane dont l’abbaye de Saint-Maurice d’Agaune est le centre religieux.

La Gaule et les royaumes francs au traité d’Andelot (587), par Paul Vidal de La Blache (1894).

Le comté du Valais devient propriété de l’évêque en 999 puis au XIe siècle, il passe au Saint Saint-Empire romain germanique et la féodalité le fragmente en de nombreuses seigneuries et territoires.
La partie amont du territoire se germanise en vagues successives entre les IXe et XIVe siècles ; parallèlement l’influence des comtes, puis ducs, de Savoie augmente dans le Bas-Valais.
En 1260, l’évêque de Sion, Henri de Rarogne, doit céder au comte de Savoie, Pierre II, dit le petit Charlemagne, le château de Chavey en même temps que ceux d’Ardon et de Martigny.

Ces territoires sont rendus à l’évêché en 1268, mais ils redeviennent savoyards de 1384 à 1475, assujettis à la châtellenie de Conthey. Reconquis par les Patriotes des VII dizains, ils sont restitués à l’évêque en 1490. Plusieurs seigneurs féodaux avaient des droits à Chamoson : le Chapitre de Sion, les nobles de Chamoson, majors du lieu, dont la commune porte encore les armes, écartelées d’or et de gueules, avec substitution de l’argent à l’or, les Loèche, de Mart, de Collombey, etc.

Dès 1315 paraît la communauté de Chamoson, Ardon et St-Pierre-de-Clages. Elle tine son plaid (assemblé populaire) à Chamoson et se répartit en quartiers, soit en petites communautés : Ardon, Chamoson, St-Pierre-de-Clages et Grugnay. A son tour, la commune de Chamoson se subdivise en trois tiers : St-André, le tiers de Mart, le tiers de Grugnay et Clages.
La grande communauté défend ses droits avec vigueur et les fait reconnaître par les évêques Philippe de Chamberlac (1339) et Edouard de Savoie (1377) ; en 1572, l’évêque Hildebrand de Riedmatten renouvelle ses franchises dont le teste était perdu. Cette communauté est un des « dizains » de la principauté épiscopale. Au militaire, Ardon et Chamoson constituent une bannière en 1500 déjà, bannière qui est subordonnée à celle de Monthey après 1536.

Déjà distinctes dès 1315, tout en formant une seule seigneurie, et de plus en plus séparées depuis le XVIe siècle, les communes d’Ardon et de Chamoson mettent fin en 1819 aux propriétés indivises. Les deux communautés sont incorporées au district de Martigny à la Révolution en 1798, puis au district de Conthey, nouvellement crée, à la chute de Napoléon, en 1815.

St-Pierre-de-Clages est célèbre par son église et prieuré appartenant à l’Abbaye bénédictine d’Ainay (Lyon). Ce prieuré détenait des droits féodaux dans la contrée de Clages, ainsi que les familles de Challant d’Aoste, de Chamoson et le sacristain du Chapitre de Sion.

Il s’y tenait des foires qui furent transférées à Saillon en 1271 sur ordre du comte Philippe I de Savoie. C’est ce qui entrava le développement de la localité et amena sa réunion à Chamoson dès avant 1378.

Sous le régime des VII dizains, plusieurs familles eurent des biens et une résidence à St-Pierre-de-Clages : les de Lovina, les Albertini, les Quartery, les Monthey. Ces derniers, vidomnes du lieu, vendirent leurs droits féodaux à la commune de Chamoson en 1804, tandis que la Prévôté du St-Bernard et le Chapitre des Sion en faisaient autant en 1808.